Nous avons passé 63 jours en Argentine, il est maintenant temps pour nous de faire le bilan.

Tout d’abord, voici notre itinéraire

  • 2 jours à Tilcara
  • 1 après-midi à Pumamarca
  • 1 jour à Salta
  • 7 jours en volontariat à Seclantas
  • 1 autre jour à Salta
  • 18 jours en volontariat à San Marcos Sierra
  • 1 jour sur la route entre San Marcos Sierra et Mendoza
  • 2 jours à Mendoza
  • 1 jour à Tunuyan
  • 1 jour sur la route entre Tunuyan et San Martin de Los Andes
  • 1 jour à San Martin de Los Andes
  • 1 jour sur la route des Sept Lacs
  • 1 jour à Villa La Angostura
  • 1 jour à San Carlos de Bariloche
  • 2 jours et demi en randonnée aux sommets Negro et Lopez
  • 1 après-midi à Bariloche
  • 15 jours en volontariat à El Bolson
  • 2 jours à San Carlos de Bariloche
  • 3 jours de randonnée aux refuges Frey et Jakob
  • 1 jour à  San Carlos de Bariloche
  • 2 jours à Villa La Angostura

Quelques chiffres

Nous avons dormi :

  • 3 nuit en bus
  • 4 nuits en randonnée
  • 7 nuits en hôtel/auberge
  • 11 nuits en camping
  • 37 nuits en volontariat (et en tente !)

Impressions générales

L’Argentine fut notre second arrêt en Amérique du Sud. Avec 2,8 millions de km², l’Argentine est le plus grand pays que nous allons traverser en Amérique du Sud (8ème au classement mondial, soit plus de 4 fois la France).
Du nord au sud, l’argentine regorge de paysages variés, et encore nous n’avons visité qu’une toute petite partie de son territoire ! Les paysages andins du nord sont riches de couleurs, les plaines arides du centre nous ont donnés très chaud et le sud nous a apporté une fraîcheur bien méritée et nous a émerveillé de couleurs variantes à chaque seconde !

Après un temps d’adaptation au chaleureux accent argentin (prononcez les “ll” et “y” comme des “ch”) nous nous sommes laissés séduire par la gentillesse argentine et leur nourriture !

L’Argentine est un pays contrastée entre les richesses qu’elle a à offrir et les bloquants qu’elle subit encore. Le pays a beaucoup de potentiel (paysages splendides, des grandes étendues, un sol riche…), des habitants motivés avec des idées, mais le pays est malheureusement endolori par une corruption très importante présente à tous les niveaux, du plus haut placé au simple chef d’entreprise. Il n’est pas facile pour les argentins de créer quelque chose sans rencontrer de barrières. Nous avons eu l’occasion de discuter avec des argentins à plusieurs occasions (durant nos volontariats en Bolivie ou en Argentine, dans la rue ou lorsqu’on nous prenait en stop). Le sujet de la corruption est revenu régulièrement durant ces échanges. Le problème n’est pas récent et ne semble pas avoir d’issue rapide. Que le gouvernement soit de gauche ou de droite, la corruption est toujours utilisée. Autre observation dans le pays, l’inflation est préoccupante et imprévisible et la monnaie en pâti. Nous n’avons jamais pu retirer plus de 2 000 pesos soit environ 98€. Nous n’allions pas loin avec ce montant d’autant que les retraits nous étaient aussi limités à 4 000 pesos par jour et taxés entre 5 et 10 %. Les queues aux guichets automatiques sont courantes, l’absence de billets aux distributeurs, même tôt dans la journée, est régulière. La monnaie est tellement instable qu’à part dans les pays frontaliers aucun bureau ne vous échangera des pesos argentins. Nous parlions de l’inflation, revenons-y. Nous avons jeté de temps en temps un œil à des blogs de voyage pour avoir des idées de prix. Même s’ils étaient récents et que les séjours étaient aux mêmes périodes que nous (décembre 2016 par exemple) les prix étaient souvent à multiplier par deux lors de notre passage ! Beaucoup d’habitants ne travaille que pour se payer de quoi vivre, accéder à la propriété est de plus en plus compliqué (d’autant que la taxe foncière a doublé en un an).
Les tensions entre habitants et politiques sont toujours bien présentes ; les pressions policières préoccupantes. L’état cache les bavures policières comme avec la “disparition” de Santiago Maldonado en août 2017. Interpellé suite à une intervention musclée sur un site de manifestation, personne n’a entendu parlé de lui depuis.
Avec une note plus positive, nous avons remarqué que les bonnes volontés ne manquaient pas. Les eco-projets fleurissent à travers le pays, régulièrement nous avons vu des fresques mettant en avant la Terre – La Pachamama – et l’importance de protéger la nature (les fresques étaient très souvent sur des écoles et des lieux publics). Les gens ont envie de changement ici aussi !

Objectif zéro-déchet

Concernant nos objectifs de limiter notre production de déchets. Nous n’avons pas vraiment réussi à tenir notre objectif de peu de déchets. Plusieurs raisons à cela. Il est difficile de trouver des marchés ou magasins en vrac dans la plupart des villes et encore plus dans les villages. Nous n’en avons trouvé qu’en Patagonie et encore le choix été limité (de l’avoine, du riz, de la farine, mais pas de pâtes ou autres féculents). Une autre différence aussi avec la Bolivie, nous avons beaucoup cuisiné ! Durant nos 17 jours de volontariat à San Marcos, puis lorsque nous campions ou randonnions nous avons cuisiné. Nous en parlons plus bas, le coût de la vie est relativement élevé et nous avons choisi de privilégier le camping et la cuisine maison pour protéger notre budget !
Nous n’avons pas garder le détail exacte mais globalement sur 63 jours nous avons produit comme déchet non recyclable ou non biodégradable :

  • 1 sachet d’Alfajore (petit gâteau argentin)
  • 4 petites cuillères en plastique
  • Beaucoup d’étiquettes de bagage en soute dans le bus…
  • 2 pailles…c’est mieux, mais le message a encore du mal à passer malgré notre acharnement
  • 1 sachet de couverture dans le bus
  • 2×7 plateaux repas dans les bus
  • 1 emballage de sandwich
  • 2 sachets de chocolat préparés par un de nos hôtes work away
  • 2 sachets qui emballés nos couverts dans un resto (nous n’avons pas compris l’intérêt sur ce coup !)
  • Quelques sachets de ketchup/moutarde/mayo
  • Une trentaine d’emballages de format 500g (j’ai arrêté de compter après 10 sachets de pâtes, 7 d’avoines, 4 de polenta…)
  • 1 tube de super glue
  • 1 briquet
  • 1 pot de crème fraîche
  • 1 emballage de beurre
  • 1 emballage de savon
  • 2 paquet de chips (pour nos nachos de Noël)
  • Des préservatifs
  • Quelques pansements
  • Du fil dentaire

Concernant nos découvertes en lien avec l’agriculture ou l’élevage

L’Argentine aura été riche en volontariat, avec pas moins de 3 expériences ! Nous avons pratiqué autant les constructions naturelles que l’agriculture. Retrouvez les articles par ici, par là, ou encore ici !
De nos observations et échanges avec les argentins, la production agricole est très conventionnelle en Argentine. Nous avons vu beaucoup de champ alignés et labourés jusqu’à créer des sillons secs inutilisables, brûlés par le soleil. Les OGMs sont aussi très présents sur le territoire avec notamment la production de soja. L’Argentine est le premier producteur mondial de soja transgénique ! Pour le plus grand malheur de ses cultures traditionnels et son économie (le soja la rend dépendante du commerce extérieur, notamment avec l’Europe). Le vin argentin gagne en notoriété depuis plusieurs années. Cependant lorsque nous étions autour de Mendoza, capitale du vin en Argentine, nous avons trouvé peu de bodegas produisant biologiquement. La visite que nous avons réalisée à eu le mérite d’être très intéressante !

Concernant la consommation de pesticides, l’Argentine en consomme plus que la Bolivie, avec en 2014, 36 kg de pesticides utilisés par hectare de terre arable (sur la même année, la consommation mondiale était de 138 kg de pesticides par hectare de terre arable et 152 kg pour la France (Source : The World Bank).

Pour continuer sur l’élevage, les habitants raffolent là encore du poulet ! Ce qui est marrant, comme nous l’a fait remarquer un de nos hôtes, c’est qu’il s’agit là d’une habitude récente. En effet, jusqu’à il y a peu les poules étaient élevées en tant qu’assistant au jardin, pour la production de compost et pour grignoter nuisibles et mauvaises herbes. Il était donc inenvisageable de les consommer !

Un petit point financier pour terminer

Nous avions vu sur les différents blogs de voyage que l’Argentine était un des pays les plus chers d’Amérique du Sud. Le budget moyen par jour par personne vu à plusieurs reprises était de 34€. Le coût de la vie est très cher et très fluctuant. Les hôtels affichaient des prix doubles par rapport à ce que nous avions pu lire et même les prix en camping variés du simple au quadruple selon qu’ils étaient municipaux ou privés (en Patagonie, à San Carlos de Bariloche, nous avons dormi en auberge, car cela revenait moins cher que de camper !). Les transports avaient des prix souvent similaires à ceux qu’on peut rencontrer en France. Nous avons tenté d’épargner notre budget en campant, cuisinant et en faisant du stop (avec plus ou moins de réussite on doit avouer). C’est en Argentine que nous avons fait notre première nuit sous tente et que nous avons été content d’avoir investi pour une “grande surface” !! 🙂

Ainsi nous avons dépensé 13€2 par jour et par personne :

Notre plus gros poste de dépenses est la nourriture suivie du transport. Nous avons beau avoir cuisiné régulièrement nous avons aussi succombé aux douceurs argentines (dulce de leche sous toute ses formes-à tartiner, en dessert, en glace…, alfajores (petit gâteaux), pain ou encore quelques bières artisanales). Pour ce qui est du transport, les distances sont longues et nous avons fait de nombreuses heures de bus pour rallier deux villes. En revanche, nous avons peu dépensé pour des activités en Argentine : un musée à Salta, une visite et dégustation dans un vignoble à Mendoza.

Nous espérons que vous avez aimé lire notre bilan de l’Argentine. Vous pouvez retrouver nos autres séries sur les liens suivant. Le portfolio c’est ici, les interview c’est et la production des élèves de Quinson c’est pour bientôt !

Bonne lecture sur Yakoilabas !