Nous avons passé 34 jours en Équateur, il est maintenant temps pour nous de faire le bilan.

Tout d’abord, voici notre itinéraire

  • 2 jours à Loja
  • 16 jours en volontariat du côté de Vilcabamba
  • 2 jours à Cuenca
  • 1 jour à Latacunga
  • 4 jours à randonner autour du volcan Cotopaxi
  • 3 jours à Quito
  • 3 jours à Mindo
  • 1 jour à la Mitad del Mundo
  • 2 jours à Quito

 

Quelques chiffres

Nous avons dormi :

  • 1 nuit en bus
  • 3 nuits en tente
  • 3 nuits en randonnée et hôtel
  • 3 nuits en AirBnB à Loja et 3 nuits à Quito
  • 5 nuits en hôtel/auberge
  • 15 nuits en volontariat

Impressions générales

Cinquième pays sur notre route, nous avons traversé l’Equateur par ses montagnes, du sud au nord.

L’Equateur possède quatre écosystèmes bien distincts : la forêt amazonienne, la Sierra (la chaîne montagneuse qui traverse le pays du Nord au Sud), la côte et les îles Galápagos.

 

Seul pays au monde où les indigènes font partie de la constitution, leurs cultures, traditions et identités y sont reconnues et protégées. Il existe une quinzaine de communautés réparties dans tout le pays. Nous avons eu la chance de côtoyer certains membres grâce à notre volontariat (pour en savoir plus, c’est par ici). Les Incas ont également eu un impact majeur sur le pays (même si moins visible qu’au Pérou), en apportant d’ingénieux système d’irrigation. Les Incas voulaient notamment créer un chemin reliant Cusco (“le nombril du monde“) à Quito.

 

Une curiosité du pays ? Le Panama, chapeau en paille connu mondialement est bien originaire de l’Equateur, comme son nom ne l’indique pas ! En effet, l’Equateur est le seul pays où pousse la feuille de palme (paja toquilla) qui séchée et tressée manuellement forme les Panamas (ou sombrero de paja toquilla). Alors pourquoi ce chapeau de paille exclusivement fabriqué en Equateur porte le nom d’un autre pays ? L’histoire veut que lors de la construction du canal du Panama, les autorités imposèrent un couvre-chef aux ouvriers pour les protéger du soleil : le sombrero de paja toquilla fût adopté. Lors de sa visite au chantier, le président des Etats-Unis, Théodore Roosevelt, en reçu un en cadeau et l’appela Panama d’après le nom du pays dans lequel il se trouvait. Aujourd’hui, le Panama est un des emblèmes de l’Equateur, produit encore manuellement par de nombreuses femmes indigènes, il en existe de toutes formes, couleurs et surtout finesse. La finesse de la paille donne la finesse du chapeau. Certains de haute qualité peuvent nécessiter plus de 6 mois de travail !

Concernant nos découvertes en lien avec l’agriculture ou l’élevage

Nous avons fait 16 jours de volontariat dans une ferme biodynamique en plein cœur de la Sierra.
Il faut savoir que l’Equateur est en grande partie couvert par la forêt amazonienne à l’est, puis il y a la Sierra au centre avec des altitudes de 1600 à 5800 m (le point culminant étant le volcan Cotopaxi à 5897 m) et finalement une étroite bande de terre longeant la mer ou les altitudes ne dépassent pas les 1000 m. En réalité il existe même un quatrième écosystème bien à part : les Galápagos. N’ayant pas visité les îles nous n’en parleront pas.

Avec tous ces atouts, il est presque normal que l’Equateur possède la plus grande diversité animale et végétale du monde ! Et oui, rien que ça ! 25 000 espèces de plantes, avec une famille très représentée : les Orchidées : plus de 4 000 espèces d’Orchidées sont présentes en Equateur sur environ 25 000 espèces présentes dans le Monde. Concernant la faune, l’Equateur est le pays aux oiseaux ! Plus de 1 500 espèces présentes, plus que dans n’importe quel pays d’Amérique latine, environ 18% du total des espèces présentes dans le Monde. On n’oublie pas non plus les vertébrés, les mammifères, les reptiles, les amphibiens, les poissons d’eau douce, les poissons d’eau de mer… Bref, pour tous les goûts !

 

L’Equateur est également le paradis des fruits tropicaux ! Nous sommes arrivés à la fin de la saison des mangues (snifff) mais nous avons pleinement profité d’ananas, fruits de la passion, pitaya, avocats et autres dont nous ne connaissons pas le nom.
Après si vous êtes plutôt raisins, pommes ou poires, ça vient du Chili !

 

L’Equateur est aussi la terre ancestrale du cacao, seul pays où se trouve encore le cacao fin d’arôme, non hybridé, mais malheureusement en danger d’extinction. Plusieurs raison à cela : la plante ancestrale met plus de temps pour produire les fruits que l’hybridée, ses fruits sont en moindre quantité et l’arbre nécessite des conditions climatiques particulières. Heureusement des passionnés se mobilisent pour sauver cette plante, la produire et la faire reconnaître à sa juste valeur ! C’est grâce à une amoureuse du cacao à Mindo que nous avons pu découvrir le fruit, goûter ses graines, nettoyer, torréfier, décortiquer et finalement déguster une savoureuse pâte de cacao fin d’arôme ! Mmmmh, nous en salivons encore ! Le cacao n’est produit que dans quelques régions du pays ; en effet, l’arbre pousse dans les pentes à une altitude inférieure à 1000 m. Si vous avez bien lu le descriptif plus haut, vous comprendrez pourquoi il est rare (seul une étroite bande côtière est inférieure à 1000 m d’altitude).

 

Nous ne pouvons pas parler de l’Equateur sans parler de son café. Le café a été découvert en Afrique, en Éthiopie au XVème siècle (pour l’anecdote, c’est un éleveur de chèvre qui a deviné les propriétés excitantes des fèves. En effet, ses chèvres étaient libres dans les forêts. Un jour il a remarqué qu’elles débordaient d’énergie, et en observant leur alimentation il a découvert le café). Ce sont ensuite les conquistadors qui ont importé le café en Amérique du Sud (Brésil, Colombie, Équateur) entre les XVII et XVIIIème siècles. L’Equateur est maintenant un des principaux producteurs de café sud-américain ! Toujours à Mindo, nous avons pu suivre le trajet du café depuis “l’arbre jusqu’à la tasse”. Les grains doivent être ramasser à la main, car les stades de mûrissement sont très différents sur une même branche. Le café est un produit où presque rien n’est perdu ! Par exemple, la couche de parchemin qui englobe les grains est utilisée dans certains papiers. Où encore, la molécule caféine que nous retrouvons dans des boissons, crèmes cosmétiques par exemple est extraite de la pulpe.

Pour l’anecdote, il faut environ 58 grains de café pour une tasse ! Alors la prochaine fois, dégustez votre café, imaginez les forêts de bananiers avec les plants de café protégés dessous, visualisez la belle couleur rouge des grains parfaitement mûrs, devinez l’odeur de la torréfaction et amusez vous à décelez toutes les notes de votre café !

 

Un dernier point sur la culture et l’élevage de l’Equateur. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Cristian et José lors de notre volontariat du côté de Vilcabamba. Nous étions dans une ferme biodynamique où étaient également utilisées des techniques agricoles traditionnelles. José est un membre important de sa communauté (située à deux pas de la frontière péruvienne), il venait travailler sur la ferme afin d’apprendre la biodynamie, le compagnonnage et pouvoir ré-introduire ces techniques auprès des agriculteurs et fermiers de son village. Nous avons adoré échanger avec lui, il est un puits de connaissance de la nature assez impressionnant et d’une curiosité géniale ! Définitivement, il n’y a pas d’âge pour apprendre !

En Equateur, l’agriculture avec pesticides est très présente, néanmoins, dans de nombreux villages, les cultures traditionnelles, sans entrants chimiques, sont majoritaires. De nombreuses personnes s’associent et s’opposent aux industries pour protéger les terres. Espérons que la résistance continue !

Concernant la consommation de pesticides, l’Equateur est un gros consommateur de pesticides avec en 2014, 255 kg de pesticides utilisés par hectare de terre arable (sur la même année, la consommation mondiale était de 138 kg de pesticides par hectare de terre arable et 152 kg pour la France (Source : The World Bank).

Objectif zéro-déchet

Nous n’avons pas produit beaucoup de déchets en Équateur. Une des raisons à cela est que nous avons passé la moitié de notre temps en volontariat, nous ne faisions pas les courses alors. Une autre raison est que lors de notre randonnée autour du volcan Quilotoa, nous avons logé dans des hôtels où le petit déjeuner et le dîner étaient compris, donc moins de courses pour nous !
Bref, le reste du temps, comme à notre habitude nous avons parcouru les marchés et avons pu trouver notre bonheur en vrac !

Nous n’avons pas garder le détail exacte mais globalement sur 34 jours nous avons produit comme déchet non recyclable ou non biodégradable :

  • 1 sachet de blé, reste du Pérou
  • 1 sachet de quinoa
  • 1 sachet de pâtes
  • 2 verres en plastique, 1 cuillère en plastique et 1 assiette en polystyrène lors de notre participation à une rencontre de l’association de Cristian
  • 5 petites cuillères en plastique
  • Plastique entourant une bouteille de sauce et un entourant une bouteille d’huile d’olive
  • 2 petits verres en plastique lors d’une dégustation de chocolat (ou plutôt de miel de chocolat)
  • Médicaments
  • Fil dentaire
  • Pansements
  • Préservatifs

Un petit point financier pour terminer

Avec la Bolivie et le Pérou, l’Equateur compte parmi les pays les moins chers d’Amérique du Sud. Le budget moyen par jour par personne vu à plusieurs reprises était de 22€.
Le coût des transports est notamment très bas, parce que l’Equateur possède du pétrole en Amazonie (mais ça c’est une autre histoire). Globalement il fallait compter 1 US$ (80 centimes d’euros) pour 1h de trajet en bus. La nourriture est relativement bon marché aussi. Autrement dit, avec deux semaines en volontariat et nos habitudes, nous avons pu maintenir un budget journalier très bas. Qu’on ne se trompe pas, nous avons aussi profité et fait des tours pour en apprendre plus sur le café ou le chocolat à Mindo !

Ainsi nous avons dépensé 11€/jour et par personne.

Nous espérons que vous avez aimé lire notre bilan de l’Equateur. Vous pouvez retrouver nos autres séries sur les liens suivant. Le portfolio c’est ici et la production des élèves de Quinson c’est par !

Bonne lecture sur Yakoilabas !