Nous avons passé 29 jours au Pérou, il est maintenant temps pour nous de faire le bilan.


Tout d’abord, voici notre itinéraire

  • 2 jours à Arequipa
  • 1 jour sur la route du canyon de Colca
  • 3 jours à randonner dans le canyon de Colca
  • 1 jour à Cusco
  • 1 jour dans la Vallée Sacrée
  • 1 jour de préparation de trek à Cusco
  • 7 jours de trek sur les traces du Choquequirao
  • 3 jours à Cusco pour se reposer
  • 2 jours à Nazca
  • 1 jour à Lima
  • 3 jours à Huaraz
  • 2 jours à Trujillo
  • 2 jours à Chiclayo

Quelques chiffres

Nous avons dormi :

  • 3 nuits en AirBnB à Cusco et 1 à Chiclayo
  • 5 nuit en bus
  • 8 nuits en randonnée
  • 11 nuits en hôtel/auberge

Impressions générales

Quatrième pays sur notre route, le Pérou fut une belle et agréable surprise. Nous qui nous attendions à traverser le pays le plus touristique d’Amérique du Sud, à vadrouiller parmi les touristes s’émerveillant de mises en scènes andines, nous avons été agréablement surpris par ce pays et ses habitants.

Nous sommes complètement tombés sous le charme du sud du pays, de ses villes aux traces coloniales à ses vallées verdoyantes en passant par ses forêts luxuriantes. Nous avons vadrouillé durant la saison des pluies, en mars. Alors oui, nous avons systématiquement plié notre tente humide voir trempée, nos vêtements ont mis parfois trois jours à sécher, nous avons marché la tête dans la brume durant une journée entière et nous avons atteint une lagune perchée à 4 600 m en recevant les claques du vent et de la neige mêlée à la pluie. Mais vous savez quoi ? Nous ne regrettons rien ! Parcourir le Pérou durant la saison des pluies nous aura offert des paysages spectaculaires que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

D’ailleurs en parlant spectaculaire, le Machu Picchu, classé parmi les Sept Nouvelles Merveilles du Monde est considéré comme un immanquable pour tous voyages au Pérou. Nous avons cependant décidé de ne pas nous y rendre. Plusieurs raisons à cela : le flot touristique déversé chaque jour sur ce site archéologique ne nous plait pas et fragilise les ruines ; le fait que chaque mouvement des visiteurs soit contrôlé par des gardes et des cordons de circulation ; le prix élevé d’entrée, sans que nous soyons surs à quelle fin il est utilisé.

Le Pérou est d’une richesse archéologique incroyable ! Pour vous donner une idée, les Incas, qui sont les plus célèbres par leur art de la guerre et par la construction du Machu Picchu n’ont vécu “que” deux siècles de 1300 à 1500. Soit dit en passant, le Machu Picchu n’est qu’une de leur réalisation parmi tant d’autres ; la région de Cusco regorge encore de sites recouverts de végétation. Nous sommes d’ailleurs partis à la découverte d’un, nous en parlons juste après.

Les noms de Caral, Chan Chan, Sipian ne vous parlent pas ? Ces lieux sont une richesse pour le pays : Caral est la cité précolombienne la plus ancienne d’Amérique du Sud, construite entre 3000 et 1800 avant Jésus Christ ; Chan Chan est la cité d’adobe la plus grande au monde (construction d’argile, sable et paille, pour vous rafraîchir la mémoire, c’est par ici ou ) construite par les Chimus qui ont vécu entre 1000 et 1400 après JC ; Sipian, territoire des Moches (prononcé motché) entre l’an 100 et 700 après JC, reconnus pour leurs connaissances hydrauliques inégalées pour l’époque et leurs maîtrises de la céramique et de l’orfèvrerie, éblouissant ! Ces lieux ne sont que quelques exemples. Nous avons visité deux musées consacrés aux derniers sites cités. En outre, refusant d’aller au Machu Picchu, nous sommes partis à l’assaut d’une autre cité inca, le Choquequirao (“berceau d’or” en quechua), appelée souvent “petite sœur du Machu Picchu” le site serait en fait plus grand ; aujourd’hui seulement 40% des constructions ont surgi de la forêt. Pour s’y rendre, 2 jours de marche minimum. Un projet de téléphérique entre deux vallées, validé par le gouvernent péruvien, viendrait gâcher la tranquillité du lieu, mais pour l’instant, nous profitons ! Nous avons décidé de nous y rendre par nos propres moyens et nous avons dormi et crapahuté au milieu des ruines, entouré d’une demi-douzaine de visiteurs. Pas la grande foule ! Nous avons poursuivi notre marche durant 5 autre journées à travers des vallées préservées, accessibles uniquement en marchant, des ruines incas méconnues, nous avons passé de hauts cols qui nous ont éprouvés pour finalement arriver au dernier matin sur un mirador du Machu Picchu. Ce trek fut le plus dur que nous avons fait, 94 km, 6 175 m de dénivelé positif et 7 180 m dénivelé négatif (sans compter la visite du Choquequirao, où rien n’est plat !). Notre petit challenge péruvien ! Pour continuer sur les chiffres, un rapide coup d’œil à nos dépenses durant ce trek d’une semaine : 63€/personne, camping, nourriture, entrée du site, trajet aller et retour sur Cusco. Pour vous donner une idée, l’entrée seule du Machu Picchu coûte 40 €, le séjour revient vite à 200€/personne pour deux jours et une nuit.

Autre bonne surprise du pays, le sourire et l’humour des péruviens ! Dans le sud surtout, nous avons rencontré des gens souriants, ravis d’échanger deux mots avec nous ou de nous orienter.

Finalement, dernière bonne surprise, la nourriture ! Bon, nous devons avouer que nous n’avons pas vraiment dégusté la cuisine péruvienne. En même temps, être végétarien au pays où le poulet est roi, où le poisson est cuisiné à toutes les sauces et où le cochon d’Inde n’est pas un animal de compagnie, n’est pas simple ! Pourtant nous nous sommes délectés de savoureux plats, copieux, parfois bio, parfois entièrement vegan. Pour cela, Cusco, ville que nous pensions que touristique, s’est avérée multiculturelle et très ouverte notamment en terme de gastronomie ! Nous nous sommes bien fait plaisir 😉

Concernant nos découvertes en lien avec l’agriculture ou l’élevage

Le Pérou aura été le premier pays sans volontariat. Nous avions trouvé un hôte dans la forêt amazonienne à l’est de Cusco et devions nous y rendre juste après notre trek. N’ayant pas reçu d’indications de leur part malgré nos nombreuses relances, nous avons finalement abandonné l’idée de ce séjour…
Pour compenser, nous avons observé les terres autour de nous !
A notre grand désespoir, nous retrouvons le manque de respect des hommes envers la terre. Même sur des plateaux à plus de 4 000 m à des kilomètres des premiers villages, il y a des déchets le long de chaque route et chemin. Les gens jettent leurs résidus par les fenêtres et disent quelques minutes après respecter la Pachamama (la terre). Pour nous ça reste un non-sens
Heureusement nous avons eu de belles images. Des magnifiques cultures où au milieu des maïs poussent des fleurs des champs, des alternances de culture et une utilisation moindre des pesticides.

D’ailleurs, concernant la consommation de pesticides, le Pérou a une consommation inférieure à la moyenne mondiale avec en 2014, 98 kg de pesticides utilisés pas hectare de terre arable (sur la même année, la consommation mondiale était de 138 kg de pesticides par hectare de terre arable et 152 kg pour la France (Source : The World Bank).

Objectif zéro-déchet

A l’instar de la Bolivie, nous avons retrouvé le plaisir des marchés locaux où tout s’achète en vrac, même s’il faut insister et être rapide à dégainer son sac en tissu pour ne pas hériter d’une poche en plastique… Nous nous sommes fait plaisir et notamment pour notre trek de 7 jours, nous avons quasiment pu réaliser des courses zéro déchet.
Nous n’avons pas garder le détail exacte mais globalement sur 29 jours nous avons produit comme déchet non recyclable ou non biodégradable :

  • 1 poche plastique qui emballait un sandwich
  • 1 sachet de pâtes, 1 d’avoine et 1 de polenta, restes du Chili
  • 1 sachet de pâtes et 1 de blé
  • 3 sachets de sauce tomate
  • 1 paille (nous pensions faire un sans faute, et au dernier moment, bim !)
  • 2 emballages de papier toilette
  • Quelques médicaments
  • 1 sachet d’épices acheté en argentine
  • 1 brique de lait d’amande (nous avons parlé de chocolat chaud maison avec amandes écrasées durant tout le trek que nous fûmes obligés d’en acheter à notre retour !)
  • 4 sachets de chocolat (il nous fallait des forces pour la rando ;-)!) puis à nouveau 4 car ils étaient super bons !
  • Fil dentaire
  • Pansements
  • Préservatifs

Un petit point financier pour terminer

Avec la Bolivie et l’Equateur, le Pérou compte parmi les pays les moins chers d’Amérique du Sud. Le budget moyen par jour par personne vu à plusieurs reprises était de 25€. La différence avec d’autres pays, on trouve de tout à tous les prix ! Exemple à Cusco, plusieurs hôtels de luxe sont offerts aux visiteurs (500€ la nuit, nous avons un peu hésité à craquer…! 🙂 ), mais c’est aussi dans cette ville que nous avons pris une des chambres les moins chères de notre séjour, 8€80 pour une double avec petit déjeuner pour deux. Toujours à Cusco, nous avons fait une orgie vegane dans un restaurant que nous recommandons chaudement (psst, allez voir le Green Point !) ; le déjeuner, plus que copieux et goûteux, pour 3€70 !
N’ayant pas fait de volontariat, mais pas mal de visites culturelles, sites archéologiques et musées, nous avons pour une fois un budget assez semblable au voyageur en sac-à-dos classique. Pourtant nous n’avons eu aucun mal à être en dessous de 20€ par tête !

Ainsi nous avons dépensé 19€ par jour et par personne :

 

Nous espérons que vous avez aimé lire notre bilan du Pérou. Vous pouvez retrouver nos autres séries sur les liens suivant. Le portfolio c’est ici et la production des élèves de Quinson c’est pour bientôt !

Bonne lecture sur Yakoilabas !