Bienvenu sur notre quatrième article de la série volontariat.

Petit rappel pour tout le monde, Yakoilabas a pour but de découvrir l’agroécologie, les constructions alternatives et les cultures du monde grâce à un voyage écologique, retrouvez ici le lien vers notre article “voyage et écologie, ça marche?” , et des volontariats à travers 3 continents. Cliquez ici pour accéder au lien vers notre projet.

Ainsi nous allons vous en dire plus sur notre volontariat au Chili, dans la région du Rio Bueno.

Les hôtes et le lieu

Nous débarquons sur les coteaux de Trumao, petit hameau sur les berges du Rio Bueno, à environ 1h d’Osorno. Nous sommes sur les terres de deux frères français, Christian et Olivier qui s’y sont installés il y a plus de trente ans. Arrivés au Chili il y a environ quarante ans, ils ont d’abord travaillé dans des haciendas à capturer les vaches au lasso avant d’acheter un bout de terrain sur les berges d’un fleuve, le Rio Bueno. Ils ont commencé à planter 2,5 hectares de vignes, du pinot noir, à partir des années 2000. Il faut savoir que les terres à cette latitude sont d’avantage dédiées aux productions céréalières ou à l’élevage bovin qu’au vin. La rencontre avec un autre vigneron français les a orientés vers la production de vin nature, sans traitement chimique, que ça soit à l’étape de production où à l’étape de vinification.

Aujourd’hui les deux frères s’occupent principalement d’une scierie à Osorno, la principale ville du coin. C’est donc Quentin, jeune vigneron passionné, qui gère le terrain depuis presque sept ans. Nous avons été à ses côtés pendant tout notre séjour.

Le projet

Avec une production d’environ 2 500 bouteilles par an, sur 3 hectares, nous sommes dans un petit vignoble. Tant mieux, nous pouvons l’arpenter facilement et y découvrir chaque recoin ! Le vignoble est plus un passe-temps qu’un véritable métier pour les frères. Ils ont choisi le nom Cruchon pour nommer leur vin (et leur mascotte, nous vous le présentons plus bas). Nom bien français, cruchon vient de leur souvenir d’enfance, lorsque leur père rapportait le vin à la maison dans une cruche !

Sur leurs terres, Christian et Olivier produisent un vin rouge nature à partir de pieds de pinot noir. Jusqu’à cette année encore, ils louaient un champ à un voisin où étaient cultivées des vignes destinées à créer un vin blanc. Cela sera leur dernière récolte sur ce champ. Cependant, des nouveaux pieds de sauvignon, chardonnay, pinot gris, … ont été plantés il y a quelques mois. D’ici quelques années, les deux frères pourront offrir à nouveau du vin blanc nature.

Ici, rien de chimique, tout est fait à la main, les chiens et chats galopent dans les vignes et les rapaces chassent les rongeurs. On observe et on décide de ce qui marche le mieux : certains jeunes pieds de vigne sont recouverts de paille, d’autres d’écorces. Vous remarquerez aussi sur les photos qu’un rang sur deux est labouré. Quel est l’intérêt sachant qu’en biodynamique ou permaculture, un des principes est de toucher la terre au minimum ? Les champs servaient avant à l’élevage bovins, le sol a été piétiné et tassé durant des décennies. Ainsi, lors des pluies abondantes d’hiver, les parcelles se transformaient en torrent et l’eau n’était pas infiltrée. Depuis que la terre a été partiellement labourée, le ruissellement est stoppé et l’infiltration favorisée. Néanmoins, cette action fut ponctuelle, et la terre ne sera plus retournée dans les champs.

Les activités

Nous sommes en été, en janvier, il y a donc beaucoup de travail. Nous avons aidé Quentin durant 20 jours afin de préparer les vignes aux vendanges qui ont lieu ici entre fin mars et début avril. Nous avons ainsi :

  • Effeuiller les pieds. Le soleil est à la fois ami et ennemi. Nous effeuillons le cœur des pieds et, côté soleil levant, autour des grappes. Nous ne touchons rien sur le dessus où côté soleil couchant. Le but de la manœuvre est de faire sécher les grappes de la rosée matinale le plus vite possible, de faire circuler l’air et de les protéger du soleil de midi par la couverture de feuilles. La présence de beaucoup de feuilles est intéressante pour la photosynthèse et donc le bon développement des plantes.
  • Traiter les vignes avec un peu de souffre, de cuivre et une infusion de plantes, à savoir pissenlit, camomille et orties. Le traitement est davantage préventif que curatif en biodynamie ; peu de maladies sont à recenser ici. La présence de la maladie de l’odium due à un champignon est cependant à recenser. Le champignon aime la rosée matinale pour se développer, mais ni les pluies abondantes ni le soleil direct (d’où l’importance de l’effeuillement). Le traitement est effectué toutes les trois-quatre semaines entre novembre et fin février environ. Le souffre, le cuivre, les pissenlits et la camomille sont anti-fongiques, c’est-à-dire qu’ils limitent le développement des champignons notamment. L’ortie est plus pour apporter de l’énergie aux plantes.
  • Cueillir des pissenlits et de la camomille pour les infusions. Les pissenlits doivent sécher au soleil, tandis que la camomille doit sécher à l’ombre.
  • Travailler dans la cave, pour déguster les vins qui vieillissent en barriques (oui, on vous assure ça fait parti du travail !). Lors de notre passage, une barrique avait besoin d’être aérée, le vin avait une odeur nauséabonde. Pour cela on le transvase dans une grande cuve et on le laisse quelques heures le temps de nettoyer entièrement la barrique et de l’égoutter.
  • Préparer les bouteilles pour la vente.
  • Retourner, arroser et pailler un compost fait de tiges de raisins, déjections de vaches et chevaux.

La vie est vraiment trop dure au vignoble…

Astuces

  • En biodynamie, il existe un calendrier créé à partir de plus de cinquante année d’expériences et d’observations. Les rythmes lunaires et planétaires ont une influence plus ou moins importante sur les sols ; ainsi il existe des jours propices à la plantation, d’autres favorables aux développement de plantes à racines, ou de fruits, et également des jours pour ne rien faire !

 

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la production de vin nature et travailler dans un cadre somptueux avec vue permanente sur un fleuve, avec des hommes passionnés et des chiens affectueux, on recommande vivement le volontariat au vignoble Cruchon. Quentin n’hésitera pas à vous faire découvrir le coin où chacun se connaît, à vous montrer les bars clandestins, à vous emmener pécher, à participer à un asado (barbecue chilien), à prendre l’apéro avec l’équipe du vignoble autour d’une chicha (sorte de cidre produit sur le domaine), à partager un bon repas, et surtout, à répondre à toutes vos interrogations concernant le vin !

 

Nous trinquons au vignoble Cruchon !

Vue depuis notre maison – View from the hut

 

Si vous souhaitez en voir plus, le site du domaine est par ici : Coteaux de Trumao

 

La lecture de cet article vous a plu ? Commentez et partagez sur les réseaux sociaux
Vous en voulez plus ? Jetez un oeil à nos autres séries dessine moi et raconte moi toi.